Murray, un nom à retenir
Apparu sur le circuit la saison dernière, Andy Murray s'était révélé au grand public en juillet dernier en passant deux tours à Wimbledon. La semaine passée, le jeune Ecossais, 18 ans, a confirmé son énorme potentiel en empochant le premier titre de sa jeune carrière. A San Jose, le Britannique a même signé ses deux premières perfs face à des membres du Top 10, en s'offrant les scalps d'Andy Roddick en demie, et de Lleyton Hewitt en finale. Pétri de talent, Murray, 47e mondial ce lundi, ne devrait pas s'arrêter là.
Le Britannique a obtenu ce lundi son meilleur classement ATP.Cette fois-ci, c'est certain, le tennis britannique possède un nouveau leader. Tim Henman et Greg Rusedski n'incarnent, qu'ils le veuillent ou non, plus l'avenir de leur sport. Et même si les deux trentenaires devancent encore Andrew Murray de quelques places au classement technique paru ce lundi, l'Ecossais est bien ce nouveau chef de file attendu depuis longtemps outre-Manche. Ce grand rouquin au physique longiligne a, qui plus est, tout pour devenir la nouvelle coqueluche britannique. Talentueux, bagarreur sur le court, un brun râleur, et, aussi un tantinet comédien, il ne manque jamais d'amplifier ses grimaces pour feindre d'être à bout de forces, le natif de Dunblane ne manque pas de charisme. Une bénédiction à l'heure où le circuit professionnel manque cruellement de joueurs de caractère.
Surtout que dans le jeu aussi, Murray sait assurer le show. A 18 ans, l'Ecossais sait déjà tout faire. A son aise techniquement, il est capable de prendre de vitesse son adversaire aussi bien en coup droit qu'en revers, et est loin d'être manchot à la volée. A cela, il faut ajouter un jeu de défense efficace, capable de faire craquer bon nombre de joueurs. A San Jose, après avoir sorti Wang et Fish sans sourciller, le Britannique s'est défait de Soderling, récent lauréat du challenger d'Heilbronn lors de son retour à la compétition fin janvier, pour accéder au dernier carré, là même où il allait créer la sensation.
"Après avoir battu Roddick, je me suis réveillé à 3 heures !"
Opposé à Andy Roddick en demi-finale, Murray s'offrait sa première « grosse » perf en jouant à la perfection les points importants. Breakant à chaque fois en fin de set, l'Ecossais s'imposait en patron 7-5, 7-5. "Je me suis réveillé à 3 heures du matin après cette victoire, et je n'ai pas réussi à me rendormir ensuite. C'était difficile pour moi de me mettre en tête que je venais de battre un ancien numéro 1 mondial", a-t-il lancé le lendemain une fois le trophée de San Jose entre ses mains. Car, malgré cette courte nuit, Murray a remis ça le lendemain contre Lleyton Hewitt. Pourtant pris à la gorge d'entrée par l'Australien, lui-aussi ancien patron du tennis mondial, Murray allait parvenir à se reprendre après une première manche à sens unique. Mené un set à rien (6-2), il allait rendre la pareille à Hewitt lors de la deuxième manche (6-1), avant de l'emporter lors du tie-break du set décisif (7-6).
"J'ai bien joué, mais je ne m'attendais pas à gagner ici", déclarait-il. «Mais avec l'accumulation des victoires, je me suis senti de plus en plus en confiance. J'ai hâte de voir ce que je peux donner lors des semaines à venir». Engagé à Memphis cette semaine, Murray va vite savoir. "Je vais prendre les matches les uns après les autres là-bas", a conclu le jeune adulte. Une tactique qui a déjà porté ses fruits.


